L'Iran va t'elle vers l'élevage intensif ?

Ce qui me frappe une fois de plus , c'est que l élevage caprin et ovin qui appartenait aux nomades va être balayé par le rouleau compresseur qu'est l'élevage intensif dans des pays tels que l'Iran . Tous ces mots que vous allez lire comme, génétique, techniciens , normes etc.. m'effraient . Nous ne parlons pas d'êtres vivants qui vont parcourir 4215 km qui ne sont pas les premiers animaux ni les derniers. La course folle ne fait que commencer ! et la détresse animale aussi. Il s'agit d'animaux sélectionnés pour leurs qualités reproductives, laitières et bouchères. Ils sont partis en camion d'une commune de la région POITOU CHARENTES, Montmorillon, dans des camions qui vont les emmener jusqu’à Cologne ville Allemande, soit 841,8 km , environ 10 heures de transports , pour être ensuite embarqué dans un avion gros porteur, pour reprendre la route vers la destination finale . Je vous laisse imaginer l'enfer que vivent ces pauvres bêtes.

Cela fera aussi plus d'animaux à sacrifier pour la fête de l'Aïd al-Kebir, ( La tradition est de sacrifier un mouton ).

CHEVRES ET MOUTONS POUR L IRAN

L’Iran a trouvé dans le Poitou les races ovines et caprines destinées à moderniser ses élevages. Une vente historique conclue à Montmorillon.

Comment le ministère iranien de l'Agriculture est-il arrivé jusqu'à vous ?

Arlette Brachet, directrice de Geode à Montmorillon. « Nous recevons chaque semaine des demandes d'information via notre site internet.

En février 2013, nous avons été contactés par la République islamique d'Iran. Ils nous ont présenté le programme de leur ministère de l'agriculture, qui veut passer de l'élevage nomade à un élevage plus intensif. Ils ont des problèmes de ressources en eau et veulent rassembler les animaux dans des zones fertiles irriguées. Il leur faut pour cela des races prolifiques avec des qualités bouchères. Ce que nous avons : la France a beaucoup de techniciens et les meilleurs schémas génétiques au monde. Nos normes offrent des garanties sanitaires recherchées par les clients. Au départ, les discussions portaient sur quelques animaux. Des délégations sont venues visiter nos installations et les élevages, la confiance s'est installée. En 2014, ils ont acheté un premier lot de 134 brebis romanov et suffolk. En 2015, ils se sont aussi intéressés aux chèvres. En partenariat avec l'organisme Capgênes, http://www.capgenes.com/spip.php?ru... nous leur avons ainsi vendu 632 chèvres avec 113 moutons. C'est le plus gros marché à ce jour pour Géode. » http://www.geodesheep.com/qui-somme...

Etait-ce une transaction difficile sur le plan des formalités ?

« C'est la première fois que nous envoyons autant d'animaux aussi loin, hormis la Guadeloupe. Nous avons passé un contrat de partenariat et d'exclusivité, qui s'inscrit dans un accord de coopération entre les deux ministères de l'Agriculture. Il y a eu plusieurs visites de délégations. Nous sommes en relation avec l'ambassade de France en Iran. Le protocole était plus important que d'habitude. C'était un beau challenge pour nous. Nous sommes très contents. »

Exportez-vous beaucoup ?

« De plus en plus. En 2012, nous faisions 1 % de ventes à l'export, 3,5 % en 2013, 6 % l'année dernière, dans seize pays d'Europe, et probablement autour de 20 % cette année. Depuis 2013, on est sorti des crises sanitaires et les restrictions sont levées sur les transports d'animaux. Tout le monde en profite pour acheter. »

Les relations vont-elles se poursuivre avec l'Iran ?

« Oui, une autre commande est en cours portant sur 300 chèvres, d'ici la fin de l'année. Les animaux vont être répartis dans des élevages associés au programme du ministère. Nous devons les aider à utiliser le potentiel génétique qu'ils ont acheté. C'est la clé du succès de notre coopération. Je pense qu'une délégation se rendra à Téhéran. »

Géode est un organisme de sélection reconnu par le ministère de l'Agriculture, de statut coopératif. Il gère la selection génétique des meilleurs reproducteurs de treize des 57 races ovines françaises (suffolk, rouge de l'ouest, charmoise, romanov notamment) et assure leur commercialisation, qui porte sur environ 10.000 animaux par an.

Propos recueillis par Sébastien Kerouanton Source : La nouvelle République.

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